Si la terre était une banque, nous serions mal noté…

Emprunter, c’est consommer aujourd’hui, les ressources que nous aurons demain. Cet emprunt a un prix, c’est l’intérêt. C’est la base des marchés financiers. L’emprunteur cherche un équilibre entre le besoin de ressources qu’il a aujourd’hui et les intérêts et remboursements qu’il aura à payer, tandis que le préteur cherche avant tout à maximiser son profit en minimisant son risque ; le risque étant que l’emprunteur ne soit plus en mesure de rembourser.
Depuis Walras et les néo-classiques, tout le monde sait que les acteurs font des choix rationnels et que ceux-ci conduisent naturellement à une situation d’équilibre au sens de Pareto. Même en sachant que l’optimum de Pareto n’est pas forcément un optimum social, j’ai quand même des doutes sur la rationalité de certains choix, mais là n’est pas mon propos.

Evidemment, pour que le tout fonctionne, il faut un monde en concurrence pure et parfaite, ce qui sous-entend que tous les acteurs disposent de toute l’information. Mais ce sont là des détails sur lesquels je ne veux pas m’attarder, ces quelques mots introductifs n’avaient que pour but de capter l’attention de tous ceux qui prônent une économie libérale avec le moins d’intervention possible de l’Etat, puisqu’ils vous diront que l’intervention de l’Etat empêche d’atteindre cet optimum de Pareto vers lequel nos choix rationnels devraient immanquablement nous conduire.

En ce qui concerne notre utilisation des ressources, nous empruntons. Nous empruntons à notre planète et aux générations futures. En Suisse, 72% des ressources que nous utilisons annuellement sont empruntées aux générations futures, puisque l’empreinte écologique moyenne en Suisse est de 3.6 (ce qui signifie que si l’ensemble de la population mondiale avait la même consommation que la nôtre, il faudrait que la terre puisse fournir 3.6 fois les ressources naturelles qu’elle possède pour ne jamais épuiser ses ressources).

Si la terre était une banque, elle exigerait des intérêts très élevés : en effet, la demande étant bien supérieure à l’offre, elle aurait tout intérêt à augmenter le prix de ses prêts. Par ailleurs, nous aurions certainement un rating particulièrement mauvais, CCC ou pire. Qui en effet peut accorder crédit à notre capacité à rembourser cet emprunt ? Nous sommes peut-être même déjà en défaut de paiement, la pire notation possible…

La terre hélas, n’est pas un individu qui peut faire des choix rationnels. Le marché de ses ressources ne peut en aucun cas être considérer comme un marché en concurrence parfaite. Il faut dès lors une action extérieure pour rétablir un équilibre. C’est le rôle de l’Etat.

Mais pour que l’Etat puisse jouer ce rôle, il faut lui en donner les moyens. C’est l’objectif de l’article 94a que propose l’initiative populaire « Pour une économie durable et fondée sur une gestion efficiente des ressources » dite initiative « économie verte ».

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Cette initiative est une chance unique d’inscrire dans la constitution un objectif ambitieux, mais réalisable. Elle permettra à la Suisse de rattraper son retard dans le domaine de l’économie durable et encouragera la recherche dans ce sens.

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