5 ans après, où en sommes nous?

11 mars 2011, Fukushima. 5 ans après, une pensée pour les victimes, passées, présentes et futures et leurs familles.

Au lendemain de Fukushima, le monde est unanime pour condamner l’énergie nucléaire. Cette fois ce n’est plus comme Tchernobyl, 25 ans auparavant où l’on pouvait encore mettre la faute sur l’incompétence du régime communiste de l’URSS. Cette fois, c’est un pays à la pointe de la technologie, c’est le Japon. Alors si ça peut arriver au Japon, ça peut arriver n’importe où, il faut quitter enfin le nucléaire.

Lucifer VI, BlacKeys B+W

2 mars 2016, Suisse, 5 ans plus tard. Le Conseil National revient sur sa décision, tout comme le Conseil des Etats l’avait fait auparavant: on ne limitera pas la durée de vie des centrales nucléaires suisses. Limiter la durée de vie des centrales, c’est anti-libéral: les sociétés énergétiques pourraient perdre de l’argent, s’il fallait arrêter les centrales plus tôt que prévu… Les bonnes intentions ont la vie plus courte que la radioactivité

5 jours plus tard, on apprend que deux grandes groupes énergétiques suisses exploitants de centrales nucléaires voudraient faire étatiser leur centrales nucléaires vieillissantes, afin de faire porter à la Confédération les déficits de celles-ci… Et plus on va les exploiter longtemps, plus elles seront chères – et déficitaires. Mais ils vont encore plus loin, en indiquant vouloir obtenir une garantie étatique du prix de l’énergie couvrant la production sous toutes ses formes.

Que comprendre de cette stratégie?

Il faut probablement comprendre que les groupes énergétiques ont un peu d’avance sur nos parlementaires: ils ont compris, eux, que la durée de vie des centrales nucléaires n’est pas illimitée et qu’ils perdront de l’argent avec ou sans limitation de la durée d’exploitation.

Les lecteurs de mon blog savent que fondamentalement, je ne suis pas contre une gestion étatique des infrastructures. Là où il y a de quoi se poser des questions, c’est lorsque les propositions d’étatisations n’ont pour seul but que de rétablir l’équilibre financier d’entreprises privées faisant face à un effondrement des prix sur le marché international. Et ceci bien sûr, au détriment des consommateurs.

Alors franchement, aujourd’hui, 5 ans après la catastrophe de Fukushima et 30 ans après celle de Tchernobyl, en lisant ça, si l’Etat doit intervenir, ce n’est pas pour soutenir les entreprises pour continuer d’exploiter leurs centrales vieillissantes, mais pour subventionner leur démantèlement et pousser enfin vers la sortie définitive du nucléaire.

 

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  1. […] radioactifs provenant des centrales nucléaires STENFO. Ils demandent à être considérés comme too big to fail par peur des coûts de démantèlement de leurs centrales nucléaires. Ils n’arrivent pas à […]

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