Quand La Poste joue dans la cour des privés

Il y a quelques jours, je vous parlais du service postal privé GPS qui ne tient pas ses promesse en été. En Suisse aussi, une partie du service postal est libéralisé, du moins partiellement. Sur le marché des envois express et des colis, règne la concurrence.

IMG_2538Tout libéraliste vous dira que la concurrence c’est bien: ça fait baisser les prix. J’ai quand même eu un choc en envoyant ce colis… Je suis rassuré (ou pas) de voir que la concurrence propose la même gamme de prix pour un service comparable. A moins de s’être entendu, les concurrents se rencontrent au moins sur la même intersection de l’offre et de la demande.

Le revers de la médaille, c’est que le service n’est plus disponible partout. Il faut trouver les offices de postes qui prennent en charge les courriers éclairs: ils ne sont que 160 dans tous le pays. Et ce n’est que dans la région proche de l’office de dépôt ou dans les grandes villes et agglomérations qu’il sera distribué le jour même si on le dépose avant midi.

La poste joue ici clairement dans la cour des distibuteurs privés puisqu’elle exclu cette prestation du service postal universel. Est-ce son rôle? Car même si elle est une entreprise privée, ses tâches de service universel lui sont assignée par une loi.

  • Peut-on justifier qu’une entreprise chargée d’une mission de service public utilise aussi ses infrastructures et ses collaborateurs pour un service libéralisé? J’imagine aisément que tant que le secteur privé fait des bénéfices, personne ne s’en plaindra. Mais lorsqu’il devient déficitaire? Est-ce à la part service public de le couvrir?
  • N’y a-t-il pas un risque que les prestations ordinaires plus proche du service de base (et donc moins rentables) soient de moins en moins proposées puis supprimées faute d’utilisation suffisante? (dans l’exemple ci-dessus, la première poste à laquelle je me suis adressée m’a dit qu’elle ne faisait pas le courrier éclair, mais uniquement l’express-lune, distribué le lendemain. Il était 8h00 le matin, le colis prioritaire qui aurait coûté la moitié de l’express-lune serait donc arrivé grosso-modo en même temps, mais cela ne m’a pas été proposé).
  • On pourra me reprocher qu’interdire à la poste de profiter d’une libéralisation partielle c’est une fois de plus privatiser les bénéfices et étatiser les pertes. Par définition, le secteur public doit intervenir là où le marché privé est en échec, il est par conséquent naturel que le service public ne fasse pas de bénéfice. Le secteur public doit aussi intervenir dans le cas de monopole naturel, par exemple pour l’accomplissement d’une tâche universelle de manière non-discriminatoire (mise à disposition d’infrastructure de transport ou énergétique, couverture sociale telle que assurance chômage, invalidité ou maladie – n’oubliez pas de voter OUI le 28 septembre, enseignement, sécurité).
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