La courbe de Phillips et la Fed

800px-Philips60Maillon manquant de la théorie keynésienne ou pour certains preuve que cette dernière ne fonctionne pas, la courbe de Phillips est avant tout une mesure empirique qui met en relation l’inflation et le taux de chômage. Elle montre de manière simple la difficulté des banques centrales dont la mission est une balance entre maîtriser l’inflation et stimuler l’économie pour maintenir un chômage bas.

Si l’on sait aujourd’hui qu’il n’y a pas une mais des courbes de Phillips, on ne peut pas en nier l’existence. Le graphique ci-dessous montre la relation négative entre chômage et inflation dans le cas de la Suisse de 1979 à 2012 (en cliquant sur le graphique un autre s’ouvrira reliant les points par ordre chronologique, on apercevra alors qu’il faut considérer plusieurs sous-périodes, mais que dans celles-ci, on retrouve toujours la forme de la courbe de Phillips). Actuellement, notre Banque Nationale prend clairement le risque de l’inflation pour maintenir un taux de chômage bas.

Il n’est d’ailleurs pas difficile d’imaginer que si elle laissait l’euro perdre encore de sa valeur on aurait une inflation encore plus faible voire déflation (notamment grâce au change), mais de nombreuses entreprises exportatrices qui seraient obligées de licencier, ce qui augmenterait le taux de chômage.

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Si la Banque Centrale Européenne a aussi initié en 2011 une politique expansionniste en accordant des crédits à durée indéterminées aux banques européennes, elle a malheureusement couplé ces derniers aux obligations des états en guise de garantie. Comme le dit Paul Krugman (prix Nobel d’Economie en 2008) dans une chronique intitulée Le suicide économique de l’Europe, seule une politique monétaire expansionniste est en mesure de sauver l’euro et les pays européens.

Ce ne peut alors être qu’une bonne nouvelle pour l’économie de la planète si Obama a nommé Janet Yellen à la tête de la Fed, la banque centrale américaine. Elle est connue pour être plutôt une keynésienne, au sens moderne du terme, dans la ligne de Paul Krugman (lire l’article de J. Cassidy, A Keynesian Woman at the Fed).

On qualifie souvent les banquiers centraux de faucons ou de colombes, selon qu’ils mettent plus d’importance à contenir l’inflation ou à juguler le chômage. Janet Yellen est assurément une colombe et ça, c’est une bonne nouvelle!

Espérons que les responsables de la politique monétaire européenne voient l’espoir porté par cette colombe et initient enfin la politique monétaire expansionniste dont elle a tant besoin!

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