Le retour des géants de la Taïga?

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Ce qui était encore de la science-fiction quand j’étais adolescent semble aujourd’hui être à la portée de la science. Dans les géants de la Taïga, Bob Morane fait face à un laboratoire qui a réussi à réssuciter des mammouths pris dans les glaces. Henri Vernes aurait-il anticipé en 1958 ce que les travaux du Professeur Mike Archer de l’Université des Nouvelles Galles du Sud pourraient peut-être permettre de réaliser?

Cette petite grenouille Rheobatrachus silus, la grenouille plate à incubation gastrique, est considérée comme éteinte depuis 2001 après n’avoir plus été observée depuis 1981. Or il y a un mois environ, le Professeur Archer a réussi à recréer des embryons de cette grenouille à l’aide d’animaux morts mais conservés congelés, dans le cadre de son projet Lazare.

Si l’on s’intéresse à cette grenouille, c’est avant tout en raison de l’incubation gastrique, car elle avait la faculté de désactiver ses sucs gastriques pour l’incubation de ses œufs. Les embryons prenaient ensuite le relais en secrétant une enzyme qui continuait d’inhiber la digestion. Dès lors la recherche scientifique sur le sujet permettrait des avancées pour les personnes souffrant d’ulcères.

Mais le projet Lazare de manière générale est un projet de dés-extinction des espèces. Il s’agit de chercher à redonner naissance à des espèces disparues. L’humanité qui détruit chercherait aujourd’hui à recréer? Bonne nouvelle! … ou pas.

Nous savons que l’activité humaine a en permanence un impact sur l’environnement. Nous savons aussi que cette activité met en danger de nombreuses espèces animales ou végétales. Même si de tout temps des espèces ont disparu, l’activité humaine accélère le processus. A priori cela semble juste de recréer les espèces que nous avons fait mourir.

Le chemin du projet Lazare est toutefois pavé d’embûches et un immense défit étique. Quelles espèces choisir de recréer? On le voit dans le choix du Professeur Walker ou dans les géants de la Taïga de Bob Morane: en priorité les espèces qui peuvent nous servir, que ce soit sur le plan médical ou alimentaire. On ne cherche donc pas à corriger ou réparer le tort créé par l’activité humaine, mais uniquement à recréer ce dont nous avons besoin. Autrement dit à exploiter et manipuler la nature selon nos besoins.

Nous ne savons pas quelles conséquences pourrait avoir la renaissance d’une espèce dans un écosystème qui a évolué depuis sa disparition. Nous ne savons pas quels nouveaux déséquilibre nous pourrions créer et quelles autres espèce nous mettrons en danger.

Par ailleurs, si le projet Lazare devait être un succès, il s’agirait de ne pas considérer ce succès comme une pilule du lendemain permettant toutes les folies sans penser aux conséquences. Bien au contraire, nous devons rester vigilant et chercher à réduire notre impact environnemental afin de préserver les espèces qui peuvent encore l’être et éviter d’en mettre d’autres en danger.

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